RECRUDESCENCE DE LA CONSOMMATION DE CHICHA AU BENIN : Entre encadrement et interdiction, le gouvernement doit taper du poing sur la table

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Le 26 Juin 2022, le Bénin, à l’instar des autres pays du monde, a célébré la journée internationale de lutte contre la drogue. Instaurée le 7 décembre 1987 par l’Organisation des Nations Unies (Onu), cette journée vise essentiellement à sensibiliser, toutes les communautés sur les méfaits de la consommation des drogues et leurs conséquences sur la santé, la sécurité et le développement socio-économique. À cette occasion, le ministre de l’intérieur et de la sécurité publique Alassane Séïdou a délivré un message dans lequel il a rappelé les conséquences de la consommation de drogue et les efforts du gouvernement du président Patrice Talon pour une lutte efficace.

Cependant, la consommation de la chicha reste et demeure un fléau qui prend de plus en plus d’ampleur au Bénin. Un fléau contre lequel le gouvernement doit agir avec tact afin de trouver la solution appropriée. En effet, la chicha est une pipe à eau permettant de fumer une préparation de tabac chauffée grâce à un charbon dont la fumée est refroidie par un passage dans un récipient d’eau avant d’être inhalée. Elle est généralement consommée par la couche juvénile séduite par l’attrait de la nouveauté, la convivialité et le goût aromatisé que procure le tabac à chicha. Malgré les efforts des autorités à divers niveaux pour lutter contre ce phénomène, la consommation de la chicha subsiste. Son usage dans les lieux ouverts au public, tels que les bars, les restaurants, les débits de boissons, les maquis et tous les autres lieux de manifestations publiques, est toujours constaté. La note d’interdiction sortie l’année dernière par les préfets du Zou, des Collines, du Borgou, de l’Ouémé et l’Atlantique, n’a eu aucun effet sur le terrain. La chicha se consomme n’importe où et n’importe quand.

Conséquences sur la santé

Selon les informations recueillies sur le site https://www.axaprevention.fr, « Les études démontrent que fumer la chicha accroit fortement les risques de cancers du poumon, des lèvres, de la vessie et des voies aérodigestives supérieures (bouche, langue, pharynx, larynx). Même chez les petits fumeurs, pas de doute : la chicha, même occasionnelle, est nocive pour la santé ». Une étude de l’Organisation Mondiale de la Santé (Oms 2006), citée par le quotidien Matin Libre révèle que « 100 millions de personnes consommeraient quotidiennement la chicha à travers le monde, principalement en Afrique, en Asie et au Moyen-Orient. Néanmoins, ce chiffre a certainement augmenté depuis, tant cette façon de consommer du tabac attire des nouveaux publics, principalement chez les jeunes (15-20 ans) où elle jouit d’un effet de mode ».

Faut-il encadrer ou interdire la consommation de la chicha ?

En séance plénière le jeudi 23 juin 2022, les députés ont reçu le gouvernement représenté par le ministre en charge de l’Intérieur et de la sécurité publique Alassane Séïdou pour l’examen de deux questions orales avec débat posées par des députés. Parmi ces questions, figure le phénomène de la consommation de la chicha au Bénin. Sur cette question, le ministre a fourni à la représentation nationale des explications sur les actions que mène le gouvernement pour une lutte efficace contre ce phénomène.

Certains députés ont souhaité qu’un arrêté interministériel soit pris avec des mesures sévères contre le fléau. Par contre, les honorables Chantal Ahyi et Florentin Tchaou ont plaidé pour l’encadrement de la consommation de la chicha au Bénin. Pour le député Florentin Tchaou, il s’agit d’une question économique.

L’interdiction de la consommation de la chicha serait idéale pour le Bénin au regard de ses conséquences surtout sur la santé des jeunes. L’interdire c’est préserver la santé de la couche juvénile. Le gouvernement de la rupture peut aussi faire l’option d’encadrer la consommation de la chicha. Car, même si l’on l’interdit, elle sera toujours consommée. Etant donné qu’il s’agit d’une question économique, son encadrement apporterait une plus value à l’économie nationale.

Il faut souligner que la vente de la chicha génère assez de revenus du point de vue financier. « Le marché mondial de la chicha est évalué à 730 millions de dollars en 2018 (dont environ 70 % en Afrique et au Moyen-Orient) et devrait atteindre 2,7 milliards de dollars en 2025 avec un taux de croissance annuel de 18 % », précise le rapport de l’Oms.

En attendant, la consommation de la chicha continue de décimer la jeunesse béninoise. La fin de la récréation n’est donc pas pour aujourd’hui.

Wilfried AGNINNIN

 

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