UNE VIE UN METIER : Abdoulaye Ouorou Akpo Sarè parle de ses années de service à la Sonapra

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UNE VIE UN METIER

Abdoulaye Ouorou Akpo Sarè parle de ses années de service à la Sonapra

Le coton constitue la première culture d’exportation au Bénin. Ainsi après le semis et la récolte dans les champs, le coton est envoyé vers les usines de la Société Nationale pour la Promotion Agricole (Sonapra) pour l’égrenage avant toute commercialisation. Pour assurer la transformation du coton dans les usines, le pesage des balles, il faut des hommes courageux, travailleurs et rompus à la tâche. Au nombre de ces citoyens qui ont servi vaillamment la Sonapra, Abdoulaye Ouorou Akpo Sarè se démarque par le sérieux et la détermination dont il a fait montre durant ses années de service.

Samira ZAKARI

De la Socopao à Kandi en passant par la Sotraco et puis la Sonapra où il a fini sa carrière, Abdoulaye Ouorou Akpo Sarè s’est toujours montré comme un travailleur engagé dans ce métier qu’il a embrassé par le plus simple des hasards en 1991.

En effet, après l’obtention de son Certificat d’Etude Primaire Élémentaire (Cepe), Abdoulaye Ouorou  Akpo Sarè à la quête d’un emploi pour subvenir à ses besoins et à celle de sa famille, a décidé de tenter sa chance à la Sonapra en déposant une lettre manuscrite de demande d’emploi. C’est alors qu’il fut immédiatement engagé surtout à cause de son écriture qui a séduit les recruteurs. Abdoulaye Ouorou Akpo Sarè a été à l’issu de ce recrutement envoyé pour son premier poste au pont bascule où il passa des périodes d’essai en tant que peseur, ensuite à l’usine de Ouassa Péhunco en tant que représentant de la Sonapra avant de revenir à Parakou où il passa quelques années en tant qu’échantillonneur à l’usine de Parakou 2 où il resta jusqu’à sa retraite en 2018.

Au cours de sa carrière au niveau de la Sonapra, Abdoulaye Ouorou Akpo Sarè a connu des moments heureux qui ont marqué positivement sa vie mais aussi des périodes malheureuses. Ainsi comme moment heureux c’est surtout « le jour où on m’a annoncé que j’ai un désormais un contrat et qu’à partir de cet instant là je gagnerai un salaire à la fin du mois », a laissé entendre l’agent de la Sonapra à la retraite.

Cependant, il faut dire que tout n’a pas été rose dans la vie professionnelle d’Abdoulaye Ouorou Akpo Sarè, car il a connu des moments très malheureux qui ont contribué à la fin de sa carrière. « Un jour à l’usine, alors que j’étais de garde, plusieurs balles de coton ont été brûlés suite à un incendie dont on ignore la provenance. J’étais dans une salle quand j’entendais les sapeurs pompiers crier au secours et la fumée sortie de partout. C’est en ce moment j’ai compris que quelque chose de sérieux se passait. Immédiatement notre chef d’usine est arrivé d’urgence et a cherché à savoir se qui se passait. J’étais vraiment découragé ce jour là car on a jamais connu des cas d’incendies où des balles partent comme ça en fumée » a-t-il tristement confié. Mais le plus malheureux dans l’affaire est que Abdoulaye Ouorou Akpo Sarè s’est vu après cet événement remercier de son poste ainsi que d’autres collègues par les chefs pour un acte qu’ils n’ont pas commis et dont les auteurs ont été repérés suite à des enquêtes menées. Ce dernier après près de 15 ans de repos forcé à la maison, a vu son rêve se briser ainsi et n’avait d’autres choix que de demander la retraite puisqu’ayant épuisé ses années restantes de service à la maison. « …et je peux vous rassurer que depuis qu’on m’a forcé à interrompre ma carrière à la Sonapra, j’ai survécu jusqu’aujourd’hui grâce à mes enfants qui m’ont soutenu… Durant ses 15 ans à la maison je n’ai plus rien reçu comme salaire, tout a été coupé », a laissé entendre l’agent de la Sonapra à la retraite.

A travers sa vie pleine de leçons et d’expériences, Abdoulaye Ouorou Akpo Sarè exhorte les jeunes à se donner résolument au travail pour gagner leur vie car pour lui il n’y a pas de sot métier et la jeunesse doit saisir toutes les opportunités qui se présentent à elle et ne pas forcément attendre l’État.

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