VOTE DE LOIS A POLEMIQUE PAR L’ASSEMBLEE NATIONALE DU BENIN : Quand l’idée de la promotion de la femme fait perdre la raison

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Le Bénin étonne toujours ! C’est ce que l’on est tenté d’affirmer face à la panoplie de mesures, lois et actions à l’endroit de la femme ces derniers mois.

En effet, le chef de l’Etat Patrice Talon a, depuis le début de son second mandat, exprimé sa volonté de faire la promotion de la gent féminine en créant les conditions nécessaires à son épanouissement. S’en est suivi la création en juillet 2021, de l’Institut National de la Femme (Inf) qui aura pour mission d’œuvrer à la promotion de la femme aux plans politique, économique, social, juridique, culturel, dans le secteur public comme privé.

Il n’en fallait pas plus pour que les députés portent la toge d’avocat défenseur de la femme au point d’enchaîner des lois pour soi-disant protéger la femme. Dans cet élan mixte de volonté de soutenir les actions du chef d’une part et de faire bonne impression aux yeux de la gent féminine qui représente plus de la moitié de leur électorat d’autre part, les parlementaires béninois semblent bafouer toutes les lois de la nature et les réalités qui sont les nôtres.

De la loi portant modification de la loi N°2003-04 du 3 mars 2003 relative à la santé sexuelle et à la reproduction 

L’article 17 nouveau de cette loi précise que, « l’interruption volontaire de grossesse est autorisée sur prescription d’un médecin lorsque :

– la poursuite de la grossesse met en danger la vie et la santé de la femme enceinte ;

– la grossesse est la conséquence d’un viol ou d’une relation incestueuse et que la demande est faite par la femme enceinte s’il s’agit d’une majeure, ou par ses représentants légaux s’il s’agit d’une mineure ;

– l’enfant à naître est atteint d’une affection d’une particulière gravité au moment du diagnostic.

En aucun cas, l’interruption volontaire de grossesse ne doit être pratiquée comme un moyen de contrôle des naissances» . Quant à l’article 17-1 de la même loi, il stipule qu’« à la demande de la femme enceinte, l’interruption volontaire de grossesse peut être autorisée lorsque la grossesse est susceptible d’aggraver ou d’occasionner une situation de détresse matérielle, éducationnelle, professionnelle ou morale incompatible avec l’intérêt de la femme et/ou de l’enfant à naître. »

De la loi modifiant et complétant la loi 2002-07 du 24 août 2004 portant code de la famille en République du Bénin

En effet, les nouvelles modifications apportées à la loi portent notamment sur le patronyme des enfants. Ainsi selon cette loi, les enfants issus d’un couple peuvent porter le nom du père, le nom de la mère ou le nom des deux parents. Par ailleurs selon le site Banouto qui a cité une source, dans le cas où l’homme et la femme portent chacun deux patronymes, « ils vont choisir parmi les quatre patronymes, désormais deux pour donner aux enfants ». Avec cette nouvelle loi, les parents ont donc le choix de choisir chacun, un patronyme pour former le nom de famille de leurs enfants.

Si la première loi vient s’opposer à toutes les réalités religieuses éthiques qui existent au Bénin, la seconde vient bouleverser la norme ancestrale et instaurer une sorte d’anarchie dans l’arbre généalogique des familles béninoises. C’est simplement triste qu’on en arrive à ces extrêmes. A force de prétendre faire la promotion de la gent féminine avec de telles dispositions, nous en viendrons dans 50 ans à faire le combat inverse car les femmes déjà plus nombreuses que les hommes aujourd’hui, prendront le dessus de tout et tenteront de les écraser.

Mais en attendant, subissons les lois nocturne d’un parlement monocolore qui ne semble avoir pour seule raison d’être, faire tout ce qu’il faut pour impressionner le prince. Et pour y arriver tous les moyens sont bons…

Barnabas OROU KOUMAN BOK

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