INSALUBRITÉ DANS LA VILLE DE PARAKOU: Incivisme des populations ou démission de la police sanitaire?

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INSALUBRITÉ DANS LA VILLE DE PARAKOU

Incivisme des populations ou démission de la police sanitaire?

Caniveau à ciel ouvert au quartier Yébu Béri de Parakou

La troisième ville à statut particulier du Bénin, Parakou végète depuis quelques temps dans l’insalubrité. Cette situation devient de plus inquiétante car elle compromet la santé des populations. Un tour dans les différents quartiers de la ville et le constat est sans appel. Ainsi, l’on est tenté de se demander si la police sanitaire fait son travail ou si les habitants ne sont pas conscient des risques qu’elles en courent. Mieux, l’on pourrait parler d’un incivisme qui dangereux de la part de ces populations qui persiste dans l’erreur.

Wahabou ISSIFOU & Maroufatou KAKPO (Stg)

Des dépotoirs sauvages, des caniveaux jonchés de sachets, de l’eau de la vaisselle à la devanture des maisons, de l’eau de puisard dans les rues. C’est le triste constat que l’on peut faire à travers certains quartiers de la ville de Parakou. Malgré les différentes méthodes mise en place par les autorités municipales pour éradiquer l’insalubrité à Parakou, rien ne semble bouger. Elle s’intensifie au contraire. Impossible de respirer de l’air pur, des caniveaux bloqués, des huiles de vidanges déversées sur les voies pavées, des voies impossibles d’accès à cause des contenus des caniveaux. Un constat qui n’honore guère la troisième ville à statut particulier.
Du quartier Guéma au quartier Banikanni, en passant par les quartiers Zongo, Wansirou, Dépôt, Gah, Yarakinnin, Yéboubéri, le constat est le même. L’insalubrité est à son pic, aucune rue, aucun endroit salubre. C’est à croire que les déchets solides et liquides ont élu domicile dans ces zones. « Ce sont les plus vieux quartiers ne disposant pas de toutes les infrastructures comme Wc, caniveaux, puisards et avec la croissance démographique leur nombre augmente. Ce qui fait que la situation devient de plus en plus inquiétante », affirme le commandant de la brigade de la police sanitaire du Borgou, Chabi Kandi Sarè.

« On n’a pas de Wc et quand le peu qu’on a est plein c’est à nous de les vider dans les caniveaux, on n’a pas le choix. Il n’y a pas les moyens pour vider ces Wc », a confié Chamsdine résidant au quartier Yéboubéri. En effet, ces quartiers ne disposent pas de latrines, de caniveaux ou de puisards suffisants pour satisfaire les besoins des habitants. De plus, une fois les caniveaux et puisards pleins, leur contenus coulent sur les traversées rendant le passage impossible et polluant l’air. Un état de chose qui ne donne pas envie aux résidants des autres quartiers de se rendre à ces lieux. « Moi je n’aime pas ces zones là à cause de l’insalubrité qui y règne, vraiment c’est très grave vu que la pollution nuit à la santé de tout individu », a laissé entendre Jacqueline Agossou résidente à Zongo II. Si pour Jacqueline l’insalubrité de ces zones ne l’incite pas à s’y rendre, pour Idrissou et les autres habitants desdits quartiers ils sont déjà habitués à cet train de vie. « Ah, je suis venu trouver les choses comme ça, j’ai fini par m’habituer moi-même et ça ne me gêne pas. Je mange bien malgré l’odeur des caniveaux et la saleté, on est habitué ça n’a encore tué personne », a déclaré Idrissou, tenancier d’une boutique en face duquel se trouve un caniveau à ciel ouvert et plein, dégageant une odeur nauséabonde. Il n’est pas possible de manger des nourritures saines dans des milieux pareils et la santé des populations est en danger.
Pour une ville comme Parakou, c’est très grave quand on sait que plusieurs enfants de ces zones souffrent fréquemment du choléra et plein d’autres maladies diarrhéiques liées à l’insalubrité dans laquelle ils vivent. En dehors des enfants, les adultes et les personnes âgées sont aussi exposés. Et c’est sans compter tous les habitants de la ville qui respirent l’air pollué par l’insalubrité et dont la santé est ainsi menacée. Pourtant il existe une structure étatique chargée de l’assainissement dans la ville.

Le rôle de la police sanitaire

« La police sanitaire a le droit d’appuyer les Ong qui font la collecte des ordures solides ménagères, (une initiative du maire Charles Toko dans la lutte contre l’insalubrité à Parakou) en sensibilisant et ordonnant la population à s’abonner à ces structures », explique Chabi Kandi Sare. Selon lui, la police sanitaire effectue des descentes sur le terrain, malgré son petit effectif (cinq agents pour le compte du Borgou), pour sensibiliser la population à observer les bonnes habitudes quitte à sanctionner les personnes en infraction. Des sanctions sous forme d’amende allant de 5.000 francs à 500.000 francs sont imposées à ces personnes. Mais, c’est à croire que ces amendes et toutes les méthodes mises en place ne font guère peur aux populations qui continuent de rendre la ville insalubre par de mauvaises pratiques.

Appel à une prise de conscience

La question de l’insalubrité interpelle tout un chacun car les avantages d’une ville propre et salubre sont bénéfiques pour tous les habitants. Ainsi, il faudrait que les populations optent pour de bonnes pratiques afin de garder leur milieu sain et propre. « Malgré le fait que je sois un vieux, chaque matin je nettoie les caniveaux autour de ma maison afin d’enlever les déchets solides qui bloquent le passage des déchets liquides et comme vous le constatez les caniveaux là sont les plus propres dans le quartier », a affirmé Abdoulaye Bio Idrissou enseignant à la retraite, un sage du quartier Yéboubéri. Si ce vieux sage a pris conscience de l’importance de l’entretien du bien public et de la salubrité, pourquoi pas les jeunes du quartier ? Pourquoi pas tous les habitants de la ville de Parakou ? C’est un noble et bel exemple à suivre. Aussi les autorités de la ville doivent-ils s’intéresser à la chose, trouver des solutions efficaces et renforcer les méthodes déjà mises en place afin de mettre fin à cette situation qui a tant perduré et continue de nuire à la santé des paisibles populations et au développement de Parakou.

La salubrité fait partie des éléments qui font mériter à une ville son statut. Parakou, la troisième ville à statut particulier doit prouver que ce statut lui convient réellement. Le sens de coopération de tout un chacun est donc interpellé afin de révéler Parakou ville propre au plan national et même international.

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Santé

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